Plaidoyer pour une métempsychose de Lucien Clergue

Ce matin le soleil a pénétré dans mon jardin, il a remplacé un soleil disparu la veille.

La nouvelle est tombée comme une douche froide.
Ses photos ont fait chanter les couleurs de la Camargue avec ces nuances de gris dont les plus sombres enrobent les vachettes et les plus claires illuminent les salins ou les flamands roses privés de crevettes dans les eaux polluées. On peut y admirer celles des flots du Rhône, du sable et des roches de Méditerranée, du bois flotté, des chevaux ou des nuages quand M. Mistral est absent.

 

Lucien, est le premier photographe que j'ai eu envie de plagier. « Née de la vague »,  publié en 68, a fait germer en moi l'idée de photographier les seins de mes copines de classes. Certes, elles étaient plus juvéniles, et mes photos avaient plus un air de « vie quotidienne », mais à l'époque, c'était simple. Si on parle aujourd'hui du scandale qu'a provoqué ce livre, ça ne devait ébranler que les salons parisiens. Sur les plages de Nice au pied même de la ville, les jeunes filles de mon âge (et quelques unes de leur maman) avaient les seins nus et personne n'y prêtera attention jusqu'à ce que ces mêmes parisiens en mal d'exotisme envahissent en bikini, sans crier gare, les centres commerciaux des villes du bord de mer.

 

 

Ce livret édité en 2009 à l'occasion de l'année Picasso célébrée par la ville d'Aix en Provence orne souvent ma table basse parce qu'il réunit 2 des plus grands artistes de tous les temps.

En souvenir de celui qui a élevé la photographie au rang du 8ième art, ne devrait-on pas dire un clergue pour désigner une photo d'art ?


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Commentaires : 1
  • #1

    Jean-Marie (vendredi, 28 novembre 2014 03:07)

    Il y avait longtemps que je n'étais pas venu faire un tour sur ton site. Que de changement!
    Bravo, je m'inscris à la newsletter.
    A bientôt donc.
    Jean-Marie.