LA PHOTO DE RUE :

 

Le chasseur photographe ne court pas après le gibier, il le fait venir à lui. Il y a peu, un ornithologue expliquait dans une émission de radio qu'il imitait le cri de la souris pour attirer les rapaces. Bon, parfois c'est une belette qui se pointe, mais c'est typiquement ce genre d'astuce qu'il faut utiliser.

Dans la rue, je ne chasse pas non plus "l'évènement", ni mes semblables. Je cherche un point de vue intéressant (un cadre) et j'attends. Lorsqu'il se passe quelque chose, je déclenche. Par exemple :

- Sur un lieu de grand passage, si quelque chose attire le regard des passants, c'est un plus non négligeable.

- Dans un lieu plutôt désert, si un détail en révèle l'explication (ou le contraire).

- En paysage urbain, les télescopages historiques ou même spatiotemporels sont courants mais parfois éphémères. Ils sont pour moi l'objet d'une traque.

 

 

Quelques idées en vrac :

 

- Choisir son heure, car la quantité de passants est très variable et les lieux sont éclairés de façon changeante (sauf si le ciel est gris 360 jours par an). A midi, les ombres peuvent devenir gênantes, on peut éventuellement les atténuer avec un flash ou un réflecteur, mais ce n'est pas discret. Généralement, il est préférable de choisir l'aube et le crépuscule et un peu avant et après (ce qu'on appelle l'heure bleu et l'heure dorée) jusqu'entre chien et loup. Plus tard, on entre dans un autre domaine, la photo de nuit.

Si je repère un lieu intéressant mais que le moment n'est pas propice, je prends tout de même quelques clichés. Cela me sert de carnet de note, ou de repérage, le gestionnaire de photos fourni suffisamment de renseignements pour préparer un retour sur les lieux à la période idéale. J'ai une excellente mémoire (dans ce domaine) je n'ai donc pas besoin de prendre des notes, pour certains, cela peut être nécessaire.

J'ai été cartographe, même si je n'ai pas une boussole sur moi, je repère aussi les points cardinaux pour savoir à l'avance comment vont se projeter les ombres, ou bien s'il est possible d'avoir un éclairage rasant etc...

 

 

- Les sujets mobiles et immobiles se côtoient souvent en paysage urbain, en choisir seulement un ou les deux en même temps, m'offre déjà des perspectives très diverses. J'ai enregistré des configurations qui me permettent d'agir avec plus d'aisance selon la nature du sujet (mobile, immobile ou les 2 en même temps).

En résumé : j'ai attribué à une touche la fonction AEL/AFL.

Selon le cas,c'est l'expo (AEL) ou la MaP (AFL) qui peuvent être verrouillés avec cette touche (cf le tableau de la page "Adopter un OMD" mode 1 et 3).

Exemple : j'utilise les modes A et M selon 2 modes de configuration.

1) Mode 1 : en appuyant sur la touche AEL/AFL l'expo est verrouillée. Une fois faite sur un détail important (un visage par exemple) il est possible de prendre des clichés en modifiant le cadrage, la MaP ou autre sans que l'environnement modifie l'exposition. C'est aussi pratique pour assembler une suite de clichés en panoramique.

2) Mode 3 : en appuyant sur la touche, l'AF se déclenche puis se verrouille. Dés lors, il est possible de prendre autant de clichés que l'on veut en modifiant d'autres paramètres (cadrage, expo, vitesse, ouverture ...) mais la Map restera la même tant qu'on appuie pas à nouveau sur la touche.

 

 

- L'utilisation du N&B :

Si le sujet s'y prête, pourquoi pas, mais le faire pour se démarquer de la photo couleur "populaire", n'est plus d'actualité. Tout comme la couleur, il est possible de traiter le N&B de manière personnalisée :

- Le traitement des nuances de gris peut faire ressortir ou atténuer la présence de certains éléments.

- Le nombre de nuances influe sur le rendu etc...

J'enregistre donc en Raw et, comme au "bon vieux temps" de l'argentique, j'expérimente avec mon "Labo numérique".

 

 

- Une coïncidence bien pratique :  plus grande ouverture => plus grande vitesse  et inversement

(affaire à suivre)